SUISSE: les catholiques disent NON au PE (~PACS)

Publié le par Les PapaRatzi_Boys &:Girls

Et oui ... les catholiques suisses ont dit NON au PE (partenariat enregistré), la version suisse du PACS, mais comme les catholiques suisses sont minoritaires et sont fortement pollués par les idées calvinistes ... le PE est passé et le référendum a été accepté.

Lisez ce que le journal protestant de Genève, ville de Calvin, écrit:

 

LE TEMPS: Le Pape et nous
de Jacques-Simon Eggly
Mardi 21 juin 2005
Un nouvel ambassadeur de Suisse a présenté ses lettres de créance au pape Benoît XVI, chef de l'Etat du Vatican. A cette occasion, le souverain pontife a relevé, avec inquiétude, l'évolution législative des pays occidentaux, dont la Suisse, sur des sujets qui concernent des valeurs fondamentales et de société. Il a dit que l'Eglise catholique continuerait de rappeler avec insistance ses valeurs de référence: respect strict de la vie, attachement à la famille, notamment.

Indiscutablement, il y avait dans ses propos une critique implicite d'une série de lois nouvelles en Suisse. Cette réaction vaticane, devant l'ambassadeur, a soulevé des interrogations et aussi des critiques très vives. Le pape recevait un diplomate en sa qualité de chef d'Etat. Il n'avait pas à tenir des propos moraux en tant que chef d'Eglise. Il serait choquant qu'il ait saisi l'occasion pour juger des décisions prises démocratiquement sur tous ces sujets. Ces réactions et ces critiques s'inspirent d'un schéma qui n'est pas applicable ici.

Oui, le pape est à la fois chef d'Etat et chef de l'Eglise catholique. Cette dualité étonne toujours les protestants, dont nous sommes. On aime ou on n'aime pas cette réalité; mais elle existe. Le statut de chef d'Etat est devenu un gage d'indépendance et de prestige, un atout majeur afin de personnaliser, d'incarner, d'amplifier le message religieux et moral. L'Eglise catholique et le Vatican étant ce qu'ils sont, de par la tradition et l'histoire, le chef d'Etat, reçu comme tel lors de ses voyages, s'exprime comme chef d'Eglise dès sa descente d'avion. Alors, au Vatican!

Sur le fond, maintenant. Il se trouve que sur toutes les nouvelles législations suisses évoquées plus haut, l'auteur de ces lignes s'est engagé pour leur acceptation. Et même en première ligne quelquefois: par exemple sur la question de l'interruption de grossesse. Pourquoi? Il en allait des idées de liberté et de responsabilité personnelles, d'ouverture contrôlée de la recherche. Il en allait d'une adéquation avec les réflexions et la sensibilité majoritaires, dans l'époque où nous vivons.

Fort bien. Mais le pape, lui, n'a pas, comme préoccupation première cette adéquation. Ce n'est pas son rôle. On peut regretter les positions trop rigides sur des questions de société. Mais, sur tous les sujets évoqués, les limites et les garanties posées ne l'ont-elles pas été aussi grâce à certains rappels intransigeants sur des valeurs? N'y a-t-il pas eu un équilibre résultant d'une contradiction, d'une tension dialectique nécessaire? On a voté le pacs, par exemple. C'était opportun. Est-ce un progrès de civilisation? Ce n'est pas mal qu'une autorité religieuse visible insiste sur une continuité prioritaire du mariage et de la famille. Tout n'est pas égal à tout. Ce que dit le pape irrite; mais cette irritation n'est-elle pas indispensable à une discussion sérieuse au sein de nos démocraties? Que ceux qui se réclament bruyamment de l'ouverture d'esprit et de la tolérance tolèrent donc qu'il en soit ainsi.

Vive Sa Sainteté le Pape Benoît XVI

Publicité

Publié dans Les Nouvelles

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article