______ _ ___PapaRatzi _Boys &_Girls- Lors des JMJs, certains se sont engagés à la suite du Saint Père Jean-Paul II sous l'appellation de "Sentinelles du matin". Nous aussi nous voulons prendre part à la destinée de notre monde et nous nous regroupons aujourd'hui après l'éléction de Notre Nouveau Guide Spirituel Benoît XVI, sous le nom de " PAPARATZI BOYS & GIRLS " ... à bientôt à Cologne !
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Article parus dans FRANCE CATHOLIQUE N° 2642 - DU 24 AVRIL 1998
[ source article ]
L'affaire "Golias"
Il y a quelques semaines, l'épiscopat français mettait en cause le caractère "catholique " de la revue Golias. Cette intervention ne pouvait que retenir notre attention, tant ce bimensuel se distingue par la virulence de ses attaques constantes contre l'Église, le Pape, les évêques. Au-delà de l'institution, c'est bien la foi qui se trouve en point de mire, avec un harcèlement contre les positions doctrinales, au non d'une modernité censée faire éclater le bloc des certitudes traditionnelles.
Golias se veut beaucoup plus qu'un Canard enchaîné intemeà la communauté chrétienne. La revue a des prétentions intellectuelles suffisamment assurées pour contester radicalement tous les documents les plus importants du magistère catholique actuel. Elle accueille les analyses et les dénonciations les plus radicales de ceux-ci, accompagnées souvent des insinuations les plus blessantes à l'égard des personnes. C'est ainsi que dans le numéro de janvier/février, le pasteur Michel Leplay reprend avec complaisauce la formule plus que douteuse d'André Comte-Sponville : "Si c'est la vérité qui commande, comme le croient Platon, Staline et Jean-Paul II, il n'est d'autre vertu que de s'y soumettre". Ce genre d'amabilités ne relève pas seulement de l'esprit de polémique, il s'inscrit dans un esprit de système, éventuellement méchant mais surtout résolument hostile.
Amère ironie. Dans le même numéro de Golias, deux articles se suivent. L'un dénonce la gestion financière du diocèse de vannes, l'autre s'indigne contre les poursuites engagées par l'épiscopat contre la firme Volkswagen à propos du détournement publicitaire de la Cène de Léonard de Vinci. En finale de ce deuxième article, une fomule au vitriol contre les évêques :
"Par prudence, faudra-t-il maintenant placarder à la porte des églises : attention, chien méchant ?" Mais cette formule même ne pourrait-elle pas être imprimée sur la couverture de Golias ? Et ne s'applique-t-elle pas particulièrement à la dénonciation de la gestion financière du diocèse de vannes, présentée comme une "enquête dans les eaux troubles d'un grand argentier de Dieu".
Il ne faut pas se moquer du monde. En matière de dénonciations méchantes, les rédacteurs de Golias sont orfèvres. Depuis des années ils s'érigent en tribunal où les juges instruisent toujours à charge. Avant même d'esquisser une discussion sur les positions de fond de la revue, ce parti pris constitue en lui-même un sujet d'interrogation, tout comme la méthode qui consiste à classer les évêques selon les critères très particuliers d'un trombinoscope où la recherche du détail croustillant le disputeà la détestation, sans beaucoup de limites, de ceux que l'on cloue au pilori. Comment ne pas discemer en tout cela les rancoeurs accumulées d'une équipe pressée de régler ses comptes et surtout d'introduire des méthodes de guerre civile à l'intérieur d'une institution dont on recherche, à tout prix, la déstabilisation ?
Nous ne sommes pas, dans ce joumal, contre le débat d'idées ou la libre confrontation à l'intérieur de l'Eglise. Mais l'appartenance à cette Eglise implique une attitude qui, alors même qu'elle se veut critique, ne brise pas la communion qui la définit dans son essence. Juger un évêque en quatre ou six lignes pour le classer parmi les "socio-novateurs" (autant dire les branchés) ou parmi les conservateurs (autant dire les ringards) participe d'une mentalité qui est peut-être joumalistique, mais qui rompt, qu'on le veuille ou non, les nomes d'une Eglise-communion. Les intéressés répondraient sans doute que ces normes sont autant de prétextes à étouffer leur franc parler. Ce n'est pas notre avis. Un fidèle baptisé peut avoir parfois de violents désaccords avec son évêque. il se doit de le respecter et même de l'aimer comme successeur des apôtres. Il se doit de tout faire, s'il estime avoir de justes griefs, pour que ceux-ci soient exposés dans un cadre et selon des modalités qui ne blessent pas l'unité et l'amitié ecclésiales.
Est-ce là une position idéaliste ? Peutêtre. Mais alors il s'agirait de savoir quelle est la nature de cette institution, ce qui la rend différente, dans son intention de correspondre à la volonté de son Fondateur et aux motions de l'Esprit Saint. Nous ne récusons aucune discussion de fond et l'appellerions plutôt de nos voeux parce qu'elle est souvent nécessaire pour dénouer des difficultés intellectuelles, éclairer un chemin de foi. Mais cette discussion ne saurait toumer au déni de la communion. Et bien sûr de la communion de foi. Mais évoquer ce domaine, c'est faire un pas de plus dans la problématiqqe de Golias.
Au-delà de cette sorte de guerre civile sans cesse alimentée, et peut-être même en deça, le ton de révolte de cette publication s'explique sans doute pas une sorte de mal-être dans la foi catholique. La récusation de l'Institution n'est si forte que parce qu'elle se nourrit d'un désaccord fondamental et d'un refus. Cela demande des explications sérieuses.
Le mal- être propre à l'équipe de Golias se manifeste par une récusation globale de l'Eglise catholique dans l'épaisseur de son histoire et la cohérence de son enseignement. Un événement, certes important, comme la repentance de Drancy est présenté comme le début d'une récusation de l'institution sinon par elle-même, du moins par les siens. Comme il est manifeste que depuis la Réforme, le catholicisme s'est engagé dans une autodéfense crispée d'un ordre médiéval obsolète, ce n'est pas un modeste aggiomamento qui pourrait l'arracher à une faute originaire qui semble lui coller à la peau.
Toute la construction métaphysico-théologique qui le constitue tel qu'il est, comme une forteresse sourde aux appels de la pensée critique et de la modernité, est appelée, toujours selon Golias, à s'eflondrer quelque jour. Le plus tôt sera le mieux. Et l'équipe est mobilisée pour y aider de toutes ses forces.
D'ailleurs qu'est-ce qu'un catholique pour Golias ? fondamentalement quelqu'un qui s'attache à une institution aveuglément, sans être convaincu dans sa conscience profonde, de la vérité d'un enseignement qui lui tombe de haut. A l'attitude catholique, on oppose constamment l'attitude protestante qui, elle, serait éclairée, personnelle, intelligente, critique, etc. Mieux vaut citer directement l'éditorial de G.Guilhaume dans ce même numéro : "Sur le plan de la foi chrétienne, il faut souligner ce qui caractérise la démarche protestante à l'origine que nous osons rapprocher de celle du libre arbitre, le refus de se laisser imposer d'en haut une vérité à laquelle le fidèle n'a qu'à se soumettre passivement, sans que le plus profond de lui-même, sa personnalité intelligente, critique puisse être partie prenante. La naissance du protestantisme nous fait assister au coeur même de la foià l'émergence de ce qui, jaillissant en quelque sorte d'en bas la constitue essentiellement comme réponse au don de Dieu: l'adhésion intime du croyant. Ne peut-on dire que l'Eglise catholique ne répondait plus à l'aspiration de ses adeptes ? La Contre-Réforme, en introduisant la peur, en accentuant la culpabilité, a-t-elle apporté une réponse satisfaisante à ceux qui sont en quête de Dieu ?" Curieuse autoanalyse ! Comme si les rédacteurs de Golias ne pouvaient concevoir de conscience catholique heureuse dans la foi ! Comme si le catholique était nécessairement en contradiction avec son propre esprit critique, comme si sa théologie consistait en discours étrangers à sa sensibilité profonde et aux exigences de la rationalité... Ce n'est pas là pur mouvement d'humeur, écart de langage momentané. L'obsession de la Revue consiste à priver de toute légitimité "charismatique" (au sens que le grand philosophe polonais Kohkowshi donne à ce mot qui renvoie à la grâce et à un type spécifique d'autorité) l'Eglise catholique. .
Pour ce faire, elle s'emploie avec constance à une sorte de déconstruction de sa doctrine, en voulant " démontrer que le grand échafaudage dogmatique dont cette Eglise serait si fière, est d'une fragilité telle qu'il est en voie d'effondrement. C'était l'objet d'un long article publié, par exemple, dans le numéro de mars avril 1997, sous le titre "La nouvelle crise de foi de Joseph Ratzinger".
Cette brève citation donnera le ton et le sens de cette étude, manifestement écrite par un de ces théologiens en crise dont Golias étale à longueur de colonnes les états d'âme : "La hiérarchie de l'Eglise et ses épigones continuent à défendre contre vents et marées un système, une "tradition", qui prend l'eau de toutes parts et elle donne l'illusion de s'appuyer sur des bases très femes (cf. le livre du cardinal Ratzinger, "Le sel de la terre") ; en même tanps, la majorité des gens dans leur pratique, et les intellectuels dans leur recherche, sont déjà aux antipodes de cette survie forcenée". Le ton est péremptoire. on ne peut que le souligner, en remarquant qu'il y a tout de même une certaine mauvaise foi à traiter une personnalité comme le cardinal Ratzinger comme quelqu'un qui serait "en dehors du coup", loin des débats contemporains, et en décalage forcené avec toute intelligence des rapports entre une démarche de foi et les requêtes de "la modernité".
Avant même d'assumer les hautes fonctions qui sont les siennes, Joseph Ratzinger a composé une des oeuvres majeures de la théologie moderne. Sa vaste culture intègre les courants les plus contemporains. Il continue d'ailleurs à publier des ouvrages qui témoignent de son appréhension aiguë des problèmes actuels. Placer la démarche intellectuelle d'un théologien de pareille qualité sous le registre "de casuistiques stériles et dépassées" relève d'un procédé peu digne d'une controverse sérieuse. Mais ne s'agit-il pas de disqualifier a priori "l'adversaire", en le mettant d'emblée hors jeu ? Le travail de disqualfication se poursuit avec la caricature qui est faite de la Tradition catholique comme "un ensemble cohérent, très charpenté, qui a réponse à tout" où "les vérités dogmatiques et morales s'empilent les unes sur les autres et s'approfondissent au long des siècles, dans une sorte de mouvement ascendant, par définition positif, excluant toute possibilité de déviance et de contradiction inteme".
Voilà une question capitale, qu'on ne saurait résoudreà coup de fomules toutes faites.
Il est singulier qu'un nom n'apparaisse pas, alors qu'il fait référence sur ce sujet qu'il a étudié avec une profondeur remarquable. Celui du cardinal Newman.
Pourtant, qui mieux que lui a mis en évidence le rapport de la tradition chrétienne au temps, qui a autant que lui appris aux théologiens à travailler dans une perspective historique ? L'oubli significatif du grand homme d'Eglise qui sut justement aller à l'encontre de certaines rationalisations excessives, en rendant leur valeur à la diversité des enracinements, des lieux, des occasions sans jamais transiger sur une continuité de fond qui définit le charisme propre à l'Eglise catholique, donne en fait la clef de la déconstruction opérée par Golias. Là où Newman montre l'articulation entre les contingences et le nécessaire, Golias ne veut reconnaître que des contingences dans le but de délégitimer l'Eglise catholique.
Ce qui conduisait précisément Newman à adhérer à cette Eglise est pour les gens de Golias motif à sonner la charge contre cette même Eglise. A partir de là, on ne peut suivre la lecture qui nous est proposée de l'histoire du dogme. Celle-ci consiste dans le constat de discontinuités et de malentendus insurmontables. Le théologien qui a rédigé cet article prend, au passage, ses lecteurs pour des naïfs. Comme si le chrétien, un peu cultivé, méconnaissait les difficultés de compréhension mutuelle qui ont toujours existé entre l'orient et l'occident, entre les Grecs et les Latins... Est-ce pour autant, que l'essentiel de la théologie trinitaire ne leur est pas commun, même au travers des polémiques sur le filioque qui atteste d'une même culture de fond ?
Le leitmotiv de l'argumentation tient dans les fractures culturelles qui rendraient les différentes époques étrangères les unes aux autres. C'est oublier que s'il ya des ruptures, celles-ci ne vont jamais sans des essais continuels de ressourcement, qui, très souvent, sont à la source des renouveau; et même des progrès de la pensée théologique. Par ailleurs, il est abusif d'arrimer que dans l'Eglise catholique, la dimension historique n'ait pas été intégrée dans les décennies précédentes.
Prétendre qu'"on se base sur une lecture anhistorique des réponses d'hier pour refuser les questions et les approches d'aujourd'hui" relève d'une étonnante myopie. De même qu'asséner cette contre- vérité flagrante : "l'on dénie toute valeur aux recherches actuelles les plus sérieuses et les plus profondes dès qu'elles sortent des cadres officiels d'autrefois". Mais surtout, le caractère idéologique de toutes ces affirmations ressort clairement lorsque Golias brandit des contre- exemples qui attesteraient l'inintelligence des responsables catholiques de l'Eglise aujourd'hui : "C'est ce qui rend suspect tout ce qui sort des données sociologiques ou psychanalytiques non revues et corrigées par l'Eglise, ce qui fait le rejet aussi bien des "théologies de la libération" de Hans Küng ou d'Eugen Drewermann et plus récemment encore du Sri Lankais Tissa Balasuriya". C'est alors qu'éclate vraiment la faiblesse d'une argumentation.
Pour le coup, c'est vraiment la montagne qui accouche d'une souris ! Toute cette déconstruction de la Tradition catholique pour en arriver là... Drewermann, j'en ai suffisamment parlé moi-même (1) pour insister sur la régression prébiblique que constitue un itinéraire intellectuel qui retrouve tous les motifs du vieux paganisme. Autant parler de progrès à reculons vertigineux. Hans Küng, c'est un tout autre problème que nous n'examinerons pas aujourd'hui, sauf pour se féliciter qu'à l'occasion de sont soixante-dixième anniversaire, il ait manifesté le désir de se rapprocher de Rome, honnie par Golias.
Quant au Sri Lankais Tissa Balasuriya, il s'agit sans doute d'un religieux estimable, mais dont l'apport à l'immense question de l'inculturation est des plus minces. En ce qui conceme les théologies de la libération, il faudrait tout de même rappeler que les remarques de Rome ne concernaient que l'enracinement marxisant de certaines d'entre elles.
Au total, on peut noter comment les références intellectuelles que Golias oppose à la Tradition qu'il entend déconstruire sont aléatoires et en définitive peu sérieuses. Il nous est permis de leur opposer la somme impressionnante des travaux des grands théologiens contemporains qui ont puisé dans toutes les strates de cette Tradition non sans participer de la façon la plus pertinente aux meilleurs apports modemes. Nous ne pouvons ici les citer tous. Mais pourquoi ne pas nommer Congar et son retour à la profondeur de l'ecclésiologie, de Lubac et sa recherche de la consistance du surnaturel dans l'homme, Balthasar et son étonnante quête dans l'épaisseur de la culture depuis les fondements classiques jusqu'aux plus modernes philosophes, Bouyer et sa remarquable perspicacité dans sa manière de refaire une synthèse théologique pour aujourd'hui... et tant d'autres, lancés, par exemple, avec audace et fidélité sur toutes les routes de l'exégèse...
Comment définir ce dont nous leur sommes redevables, de toute notre gratitude ? justement d'avoir su nous restituer tout le trésor de la Tradition, en l'actualisaut pour aujourd'hui, de telle façon que ces apports des siècles nous soient livrés avec une fràcheur qui nous permet de vivre, de respirer, de méditer, de prier à la lumière du grand mystère révélé par le Christ et transmis par l'Esprit dans la continuité des temps.
J'ajouterai que s'il y a un nom qu'il convient d'inscrire dans cette liste, c'est bien celui de notre pape jean-Paul fl. Car, si le Pape actuel est d'abord investi de sa responsabilité d'enseigner l'Eglise dont il a la charge, en union avec tous les évêques, il le fait aussi avec sa dimension propre d'humaniste, de philosophe, de théologien, de spirituel et de pasteur, préparée par toute une vie exposée de face à l'histoire de ce siècle. fl u'y a pas tout à fait deux ans que je publiais un livre (2) pour rappeler cela à tous ceux qui semblaient l'avoir oublié. Cet homme marqué par les poètes les plus prophétiques de sa culture originelle, par une réflexion philosophique inspirée par la grande école de la phénoménologie, par sa théologie au carrefour de l'humanisme et de ses maîtres contemporains ainsi que par les affrontements les plus tragiques de l'Europe, est bien tout le contraire de ce personnage anhistorique, rétrograde, sourd aux appels de son temps qu'on voudrait nous fourguer.
Chers amis de Golias, vous ne nous avez donc pas convaincus. Et vous nous avez même persuadés de bien autre chose : votre prétention à la modernité était tout aussi usurpée que votre déqualification de l'Eglise était infirme. ceci u'est d'ailleurs qu'un début, car nous sommes prêts à vous répondre dans un dialogue loyal sur tous les points de votre offensive qui ne cesse de se poursuivre. Nous peusous que vous vous trompez fondamentalement sur les vertus d'une Tradition toujours prête à rebondir, ne serait-ce que dans la grande aventure de la nouvelle évangélisation. vous avez d'autres arguments à faire valoir ? Sans aucun doute.
Le débat à poursuivre est sans aucun doute utile. Puisse-t-il se faire dans la charité d'une communion ecclésiale.
Gérard LECLERC
(1) Pourquoi veut-on tuer l'Eglise, Fayard,450 page - 130 F + 25 F de port, à l'ordre de Socéval, BP 25 - 78117 Châteaufort.
(2) Jean-Paul II le résistant, Bartillat, 250 pages, 110 F + 25 F de port, à l'ordre de Socéval, BP 25 78117 Châteaufort.
Les deux livres ensemble : port forfaitaire : 30
MONSIEUR GOLIAS:
The Boss of the "GOLIAS Connection